vivre le deuil de son animal

Dernière mise à jour : 3 nov. 2021


Article rédigé par Monic Delorme, rédactrice en chef

Ils s’appelaient :

Scott, Fanny, Diva, Annabelle, Tuxedo, Noisette, Sésame, Grippette, Mega, Pussy, Gaspard, Delphine, Émile…


Le deuil

Cette douleur immense éprouvée lors de la perte d’un être cher…

Cette peine infinie dans laquelle on se noie…

Cette souffrance qui nous empêche de respirer…

Ce vide impossible à combler qui nous submerge à tous moments de la journée…


Le deuil d’un parent, d’un frère, d’une sœur, d’un ami et …de notre animal de compagnie…


Je sais par expérience, et malgré les regards sceptiques de plusieurs, que le deuil d’un humain et celui d’un animal de compagnie se ressemblent et sont aussi douloureux l’un que l’autre…


Je sais, par expérience, que le deuil est l’absence d’un être vivant avec qui nous partagions notre vie et que c’est ce manque qui fait si mal… C’est vrai pour une personne aimée et AUSSI, pour un animal que nous chérissions…


Ce compagnon peut être un chat, un chien, un cheval, une moufette, un oiseau et même, un poisson rouge…Ne souriez pas! Qui parmi nous peut juger de l’importance que revêt une espèce vivante plutôt qu’une autre et de l’étendue de son absence dans notre vie ?


Le deuil de son complice à quatre pattes, à plumes, à écailles

On se retourne en pensant qu’il est là, marchant derrière nous…

On se surprend de remplir sa gamelle, comme à tous les matins d’avant…

On s’attriste de voir la cage suspendue désormais abandonnée…

On s’étonne de le chercher à travers la vitre de l’aquarium…

On pense le voir, partout où l’on regarde…

On croit l’entendre japper, miauler, chanter ou le voir nager...


Et l’on constate, à chaque fois, l’ampleur du vide qu’il a laissé en nous quittant…


La mort d’un animal de compagnie est un VRAI DEUIL et il peut nous affecter plus que nous ne le pensions. Le nier ou tenter de le raisonner, comme le disent parfois des amis pensant nous consoler : « …Tu n’as qu’à en adopter un autre…» «…Ce n’était qu’un chien…»« … Un chat ? Il y a en des milliers à SPCA !!…» « C’était juste un oiseau…» «Un poisson, ben voyons!!! …» ne nous aide pas, bien au contraire!


Il faut VIVRE son deuil et surtout ne pas l’escamoter. Comme pour tous les deuils, celui de votre compagnon s’estompera au fil du temps, le vide deviendra graduellement moins oppressant …mais pour le surmonter, il faut accepter ces émotions qui nous déstabilisent, nous submergent à tous moments de la journée.


Certains psychologues, désormais à l’écoute du deuil animalier, suggèrent de se remémorer les habitudes de notre animal, de réaliser la place qu’il prenait dans notre vie, de comprendre le rôle qu’il tenait dans notre quotidien : était-il notre meilleur ami à qui on pouvait tout raconter, sans crainte d’indiscrétion ? Comblait-il notre besoin d’affection et de protection? Représentait-il un souvenir de notre enfance, de notre vécu amoureux ?


De plus, ils nous conseillent d’établir, de cette façon, le rôle qu’il jouait dans notre vie, dans notre routine quotidienne pour nous aider à comprendre d’où vient ce terrible manque provoqué par son départ…


Dans le cas de chiens, chats et chevaux, ces spécialistes nous suggèrent aussi de conserver un objet symbolique de notre animal (collier – jouet préféré, crins de cheval, etc.). Cet objet peut nous aider également à garder un lien avec lui… jusqu’au moment où nous serons prêts à le remiser dans notre coffre de nos doux souvenirs…


Peut-on se préparer à ce départ ?

«NOOoonnnnn!» aurais-je envie de crier…


Mais à part le cas de Fanny, ma douce amie bouvier bernois terrassée par un AVC à l’âge de quatre ans alors que nous jouions ensemble sur la plage…TOUS mes autres compagnons poilus, chacun à leurs façons, m’ont donné plusieurs signes de leur départ imminent…que je refusais consciemment de voir. Ma vétérinaire aussi me préparait à cette éventualité prochaine lors de nos visites annuelles et de plus en plus fréquentes au fil du temps qui passe, toujours trop vite!


À chaque fois, j’arrivais, ou du moins j’essayais, à me convaincre que son malaise était passager et qu’il était surtout trop tôt pour prendre cette décision tant redoutée! Que nous avions encore tellement d’aventures à vivre ensemble…


À chaque fois, j’espérais qu’un traitement ou qu’un médicament puisse sauver mon compagnon de tous les instants…


À chaque fois, j’avais cette pensée magique en la médecine vétérinaire aux possibilités quasi infinies et… à mon budget illimité !


À chaque fois, évidemment, je réalisais que la médecine vétérinaire avait ses limites et mon portefeuille aussi… et je devais me résigner à prendre LA décision tant appréhendée.


Quand savons-nous que c’est le moment de se quitter ?

Je crois que nos compagnons, même à cette étape ultime, ont cette générosité de nous donner le temps de prendre LA décision, même si pour cela, ils doivent camoufler, du mieux qu’ils le peuvent encore, leur souffrance.


Une vétérinaire m’a fait prendre conscience que les animaux, pour nous plaire, peuvent souffrir de nombreuses semaines, voire des mois avant que l’on soupçonne la moindre défaillance…


Je ne crois pas, pour ma part, avoir toujours pris LA décision tant redoutée au bon moment pour le bien-être de mon animal…Les sentiments confus qui me submergent à chaque fois - mon déni, sa douleur, mes espoirs, ma peine - m’ont fait reculer plus d’une fois…


Mais je sais, par expérience, qu’il arrive un moment où l’on SAIT qu’il faut se séparer…